SPT — le modèle météo de Spoteo
en apprentissageAucun modèle météo mondial ne voit vraiment La Réunion : un volcan de 3 000 m posé sur une maille de calcul de 25 à 50 km, ça donne des cirques invisibles, des accélérations de pointe ignorées et des brises inventées. SPT contourne le problème en combinant 9 modèles mondiaux puis en recalant le résultat, en continu, sur les balises réelles de l'île. Cette page montre comment il fonctionne — et ce qu'il apprend en ce moment même.
1 · Le consensus pondéré
actifToutes les 2 heures et jusqu'à 15 jours, SPT interroge 9 modèles et fait la moyenne pondérée de leurs prévisions de vent. Les poids reflètent la fiabilité constatée de chaque modèle sur l'océan Indien — ils sont recalés au fil des mesures. Quand un modèle atteint son horizon, il sort du consensus en fondu progressif pour ne pas créer de marche dans la courbe.
| Modèle | Origine | Horizon | Poids |
|---|---|---|---|
| ICON 13 km | DWD · Allemagne | 7,5 j | 1.5 |
| ECMWF IFS 0.25° | CEPMMT · Europe | 15 j | 0.25 |
| GEM 0.25° | ECCC · Canada | 10 j | 0.5 |
| GFS 0.25° | NOAA · États-Unis | 16 j | 1 |
| UKMO 10 km | Met Office · UK | 6,5 j | 0.5 |
| ARPEGE 0.25° | Météo-France | 4 j | 0.5 |
| ECMWF AIFS (IA) | CEPMMT · Europe | 15 j | 0.75 |
| JMA GSM 0.5° | JMA · Japon | 11 j | 0.5 |
| CMA GRAPES | CMA · Chine | 5 j | 0.5 |
Les modèles IA de nouvelle génération (ECMWF AIFS) portent le long terme. ARPEGE a été rétrogradé après vérification sur les balises : son comportement à La Réunion s'est révélé erratique d'un spot à l'autre.
2 · Le recalage sur les balises
actifChaque heure, SPT archive ce que chaque modèle avait prévu, puis le confronte à ce que les balises de l'île ont réellement mesuré. Les mesures sont d'abord lissées par moyenne mobile(fenêtre de 3 h) pour qu'un simple décalage horaire — le vent annoncé à 13 h qui n'arrive qu'à 14 h — ne compte pas comme une erreur du modèle. Sur une fenêtre glissante de 14 jours, SPT en déduit le biais de chaque modèle pour chaque spot— de combien de nœuds il se trompe, en plus ou en moins — et corrige la prévision d'autant. Un garde-fou de régime coupe cette correction si le vent prévu bascule dans une direction où le biais n'a jamais été mesuré : un biais appris sous alizé n'a aucun sens par flux de Nord.
2·5 · La maille fine sur les premières 48 h
actifLes modèles mondiaux du consensus voient loin, mais leur maille (10 à 25 km) est trop grossière pour les accélérations thermiques collées à la côte : au plus fort d'un épisode d'alizé, ils restent structurellement 5 à 7 nœuds sous les balises— un écart qu'aucun recalage ne peut rattraper. Le modèle AROME de Météo-France (maille ~2,5 km sur l'océan Indien), lui, capte ces pics, mais s'arrête à 48 h. SPT combine donc les deux : sur les heures couvertes par AROME, la prévision finale mélange le consensus recalé et AROME avec une dose qui dépend du régime: légère (30 %) quand AROME voit du calme — il a tendance à surestimer les brises —, forte (60 %) quand il voit du vent établi, là où il capte les pics que les modèles mondiaux ratent. Un fondu progressif en fin d'horizon AROME évite toute marche dans la courbe ; au-delà, le consensus continue seul jusqu'à 15 jours.
Le dosage 50/50 n'est pas un choix esthétique : rejoué sur l'épisode d'alizé des 6-7 juillet (84 heures croisées avec les balises), le consensus seul faisait 3,6 kn d'erreur moyenne, AROME seul 3,6 kn aussi — et le mélange 3,0 kn, meilleur que ses deux parents. Le dosage conditionnel a ensuite été sélectionné par la sélection naturelle (section suivante) : sur 25 jours de compétition, c'est le seul réglage qui battait le mélange fixe à la fois en régime calme et par vent fort — promu en août 2026.
3 · Le chantier synoptique
en collecteLa prochaine étape s'attaque à la racine du problème. Les modèles mondiaux se trompent sur les spots, mais ils sont très bons sur le flux synoptique— l'alizé tel qu'il souffle au large, avant que l'île ne le déforme. SPT archive donc ce flux selon deux références : un point océanique au vent (80 km au sud-est) et la moyenne vectorielle de 8 points cardinauxautour de l'île, insensible au régime de vent. Depuis la revue de fin juillet 2026, une première fonction de transfertapprise des balises (par direction du flux et par tranche horaire — la côte fait ~×0,5 du synoptique la nuit, jusqu'à ×1,2 aux heures thermiques selon le spot) est testée en compétitionsur les échéances J+2 à J+10 : elle convertit le flux au large en vent au spot et ne remplacera le calcul actuel que si elle prouve, jour après jour, qu'elle fait mieux — méthode inspirée des pratiques des prévisionnistes professionnels.
L'apprentissage en chiffres
SPT journalise aussi ses propres prévisions : chaque sortie est archivée puis confrontée aux balises, exactement comme les modèles qu'il combine. S'il ne les bat pas, on le saura — et on le corrigera. En coulisses, une sélection naturelle de paramétragestourne chaque nuit : des variantes concurrentes du modèle (autres poids, autres réglages) sont rejouées sur les journées écoulées et notées contre les balises — une variante n'est jamais évaluée sur des données antérieures à sa création, pour qu'elle ne puisse pas « apprendre par cœur » le passé. La note ne compte que les heures de jour(8 h-18 h) : personne ne ride la nuit, et un réglage ne doit jamais être retenu parce qu'il excelle sur les brises de terre nocturnes. Chaque paramétrage est aussi jugé par tranche d'échéance(0-2 j / 2-5 j / 5-10 j) — être bon demain et être bon dans une semaine sont deux métiers différents. La première grande revue (fin juillet 2026) a appliqué la sélection : les hypothèses réfutées par trois semaines de mesures ont été retirées, les meilleures ont engendré une nouvelle génération, et le champion n'est remplacé que s'il est durablement battu.
Où le retrouver
SPT est le modèle affiché par défaut dans l'onglet long terme des pages météo de chaque discipline. Les modèles bruts (ICON, GFS, ECMWF…) restent disponibles à côté : comparez, c'est le meilleur juge.
Modèle expérimental fourni à titre indicatif — vérifiez toujours les conditions réelles et les bulletins officiels de Météo-France avant de naviguer ou de voler.

